« Et sinon, comment tu vas ? » Pas facile de répondre à cette phrase pourtant devenue banale. Même lorsque nous souhaitons formuler une réponse sincère, il n’est pas toujours évident de poser des mots précis sur ce que nous ressentons. Nous avons rarement été sensibilisés à la compréhension de notre ressenti. L’écoute de nos émotions est pourtant nécessaire pour que nous puissions devenir heureux. Alors comment identifier et comprendre nos émotions ?
Tout individu éprouve des émotions, que nous en soyons conscients ou non. C’est aussi ce qui nous permet de nous différencier des machines. Avec le temps, de plus en plus de personnes cherchent à comprendre leur ressenti pour accéder à un état de bien-être. Cela n’est possible qu’avec une écoute attentive des messages délivrés par nos émotions.
Les 4 principales émotions
Il existe de nombreuses manières de classer les émotions. Certains les regroupent par température (émotions chaudes ou froides), ou bien par groupe plus ou moins développés (apathie, perte, fierté). Avant de pouvoir apporter des nuances plus complexes, il est important de s’intéresser aux émotions dites « basiques ». Ici, nous allons retenir quatre catégories.
La joie
Probablement la plus appréciée des émotions. Elle correspond à un état de bien-être, dans lequel notre situation nous apporte satisfaction. Autrement dit : nous ne voulons pas changer notre comportement ni les éléments qui nous entourent.
L’humain tend généralement à vouloir ressentir cette joie, qu’il en soit conscient ou non. Certains individus placent leur énergie et leur argent dans l’acquisition de biens matériels, assimilant leurs achats à un moyen de se sentir heureux.
Pourtant, cette joie n’est qu’éphémère. Les objets en leur possession finissent par perdre de leur attrait, et il faut acheter de nouveaux biens pour compenser le vide qui se creuse en eux. Cette situation peut même conduire à une certaine tristesse, due à la frustration engendrée par cette course au bonheur matériel.
La tristesse
Cette émotion correspond à un décalage entre notre situation actuelle et la situation à laquelle nous aspirons. Elle peut devenir particulièrement désagréable lorsqu’elle devient régulière, comme c’est le cas pour les individus touchés par la dépression.
La tristesse peut rendre nos actions difficiles à réaliser.
Dans cet état, nous pouvons manquer d’énergie pour mener à bien nos projets, et même pour réaliser les plus simples tâches. Il est souvent difficile d’identifier un élément précis à l’origine de notre tristesse. Cette dernière nous invite alors à l’introspection, en nous interrogeant sur nos problèmes et nos besoins.
De cette manière, il est plus aisé de savoir comment devenir heureux.
La peur
Son rôle est de nous avertir en cas de menace ou d’un potentiel danger. Dans cette situation, l’émotion nous juge inapte à affronter la situation, c’est pourquoi nous sommes plus enclins à fuir. Elle traduit un simple réflexe nécessaire à notre survie.
La peur nous permet aussi d’être plus vigilant envers notre environnement. C’est par exemple le cas en voiture, lorsque nous contrôlons les rétroviseurs pour éviter un accident. Cette émotion permet aussi de nous méfier de personnes que nous jugeons toxiques ou dangereuses pour notre bien-être.
Mais parfois, la peur cache en réalité de la nervosité. Chaque fois que nous nous apprêtons à sortir de notre zone de confort, une petite voix s’insinue dans notre tête pour tenter de nous arrêter. Pour autant, cela ne veut pas dire que nous sommes en danger.
Il faut donc prendre le temps d’écouter notre peur pour savoir quel message elle souhaite nous transmettre : sommes-nous en danger, ou bien s’agit-il plutôt d’une simple appréhension ? Plus la peur est importante, plus il est important d’y réagir.
La colère
Comme les émotions citées précédemment, la colère cache souvent une émotion plus complexe qu’il n’y paraît. Elle peut traduire du dégoût, de la frustration ou bien de l’agacement. Cette émotion jugée « négative » dissimule en réalité une importante ressource d’énergie.
Lorsque nous éprouvons de la colère, nous sommes en mesure d’agir sur une situation déplaisante. C’est une réaction de notre cerveau qui obéit à la formule : « agir ou fuir ». Bien que basique, cette expression est un moteur important à notre survie.
Plutôt que de jeter un café à la tête d’un collègue désagréable, nous pouvons mettre cette énergie à notre service. La colère peut par exemple nous aider à réaliser un projet qui nous tient à cœur, ou même nous motiver à ranger notre bureau. À terme, cette émotion peut devenir une véritable alliée.
Apprendre à comprendre ses émotions
Les problèmes de la suractivité
Pour ne pas nous confronter à nos émotions, notre cerveau redouble de stratégies. La première est de nous tenir occupés. L’ennui devient parfois tellement insupportable que nous cherchons à détourner notre attention par n’importe quel moyen.
Nos activités se multiplient : le sport, le travail, les sorties entre amis.
Bien que stimulantes, ces activités peuvent faire croître notre mal-être. Les cas de burn-out deviennent de plus en plus nombreux, notamment lorsque le travail devient une façon d’échapper aux émotions et aux pensées qui nous rongent.
Même dans le métro, combien de personnes consultent leur portable pour éviter l’ennui tant redouté ? Fuir notre ressenti se résume à accumuler des objets dans un placard, et croiser les doigts pour que rien ne s’effondre. Ce n’est pas une solution.
Comment contrôler ses émotions
Sur Internet, des méthodes fleurissent un peu partout pour nous expliquer comment contrôler nos émotions. Au risque de vous décevoir, ce n’est pas possible. Nous ne pouvons pas contrôler nos émotions, ou du moins, nous ne pouvons pas les empêcher d’exister.
Les émotions font partie intégrante de notre vie, même pour les personnes qui se jugent parfaitement rationnelles. Nos comportements sont régis par les émotions. La plupart du temps, nous n’en sommes même pas conscients.
Étouffer nos émotions risque d’engendrer des troubles tels que la dépression ou le burn-out. Il arrive souvent que nous finissions la journée en étant triste ou en colère et ce, sans raison apparente. Ces émotions sont celles que nous ignorons toute la journée. Moins nous les écoutons, plus elles prennent de l’ampleur et impactent notre quotidien.
C’est ce qu’il se passe lorsque nous avons des moments de craquage, durant lesquels le moindre élément nous irrite ou peut nous faire exploser. Nous sommes dépassés. Ce trop-plein d’émotion se répercute sur l’état émotionnel des personnes qui nous entourent, et peut leur provoquer du stress, de la peur ou de la colère.
Un conseil : ne cherchez pas à arrêter de ressentir. Les émotions ne sont pas vos ennemies, sauf si vous les traitez en tant que telles.
Repérer les biais cognitifs
Attention, certaines émotions peuvent en cacher d’autres. Chez certaines personnes, la colère est associée à un sentiment de puissance. Il est donc très désagréable pour ces individus d’éprouver de la tristesse, c’est pourquoi ils la traduisent en colère.
À l’inverse, certaines personnes craignent de ressentir de la colère, par peur d’avoir un comportement agressif envers leurs proches. Ils sont donc plus enclins à traduire leur colère comme une tristesse soudaine, et se replient sur eux-mêmes.
Même la joie peut être feinte pour masquer un état de frustration ou de tristesse intense. C’est notamment le cas pour de nombreuses personnes atteintes de dépression. Cette dernière est alors qualifiée de « dépression souriante » ou « dépression atypique ».
Apprendre à reconnaître ces masques, c’est se donner une chance d’améliorer notre état.
Écouter ses émotions
Chaque jour, vous pouvez prendre un temps pour observer votre état émotionnel. Notez dans un carnet les émotions qui vous traversent, et comment elles se traduisent de façon physique dans votre corps.
Par exemple, la colère produit de la chaleur dans la poitrine ou la gorge, alors que la tristesse peut donner une impression de froid et de lourdeur dans le corps. De même, la joie apporte une énergie qui peut faciliter l’envie de s’ouvrir aux autres, tandis que la peur favorise le repli sur soi.
Plus nous passons de temps à écouter nos émotions, plus il devient facile de les identifier et de comprendre ce qu’elles ont à nous dire. Nous accédons à une meilleure compréhension de nous-mêmes, ainsi que de nos besoins.
La conscience émotionnelle peut être développée avec des thérapies, mais aussi par des discussions à cœur ouvert, en compagnie de personnes qui nous sont proches. Pour faciliter ce type de conversation, vous pouvez parler des émotions lors d’une balade, ou bien lors de la préparation d’un repas. L’important est d’établir un climat de confiance pour que chacun puisse s’exprimer.
De même, nos émotions deviennent plus faciles à analyser lorsque nous développons notre vocabulaire émotionnel. Ce dernier permet notamment d’apporter des nuances à notre joie ou à notre colère, et d’affiner notre compréhension du monde. Nous prêtons davantage attention aux émotions des personnes qui nous entourent, et formons une société plus réfléchie émotionnellement.
Pour terminer cet article, vous pouvez faire cet exercice simple : notez sur une feuille votre ressenti actuel en quelques mots. Et si vous souhaitez de meilleurs résultats, n’hésitez pas à répéter cet exercice chaque jour pendant au moins un mois. À l’issue de cette période, décrire et comprendre vos émotions sera bien plus facile.